Le sophrologue dans son métier vu par l’ISH

Ou comment notre formation est au service de notre conception du métier.

 

Généralement les personnes qui veulent devenir sophrologues ont envie d’aider l’autre. Elles le font déjà généralement dans la sphère privée.

Cependant, être professionnel de la relation d’aide, accompagner l’autre implique un savoir faire construit et réfléchi, une réflexion sur ses motivations et sa pratique, un savoir être professionnel.

La maîtrise d’une méthodologie -ici la sophrologie-, la capacité à mettre dans l’expérience et observer les processus en jeu dans l’accompagnement, en sont les essentiels.

Essentiels, ils sont l’objet d’un apprentissage rigoureux et exigeant, ou le praticien expérimente dans un premier temps, pour lui même ce qu’il proposera à l’autre. Son savoir n’est ni théorique, ni dans la représentation de ce qu’est une pratique sophrologique. Il s’est lui même confronté à la méthode en en faisant l’expérience, il en connaît intimement les difficultés, les exaltations, la richesse tout autant que la complexité.

Le sophrologue est un accompagnant qui a éprouvé la sophrologie pour lui même.

 

C’est pour un changement que vient la personne. Ainsi, le sophrologue l’accompagne dans sa mise (remise) en « mouvement ». Le « sujet » principal n’est pas ici, la sophrologie, pas même la difficulté ou le problème. Le sujet, sans jeu de mot c’est la personne, avec sa demande. Nous sommes centrés sur la personne et sa manière singulière d’être avec ce problème, ou cette difficulté. L’alliance, mais aussi la présence du sophrologue, capacité physique et psychologique d’être là, la confiance en l’autre ne sont pas innés. Cette posture s’acquiert avec l’apprentissage et se développe tout au long de la pratique professionnelle. Si la qualité d’écoute est souvent évoquée au cours des entretiens avant la formation, l’écoute dans la relation d’aide est déjà un accompagnement. Elle est d’autant plus importante qu’elle permet le sentiment d’ouverture à l’expérience du demandeur, à sa manière d’être au monde: ce qui constitue la première condition d’une relation d’aide.

La posture du sophrologue est composée de présence, d’écoute et d’acceptation du monde de l’autre.

 

 

La singularité de chaque personne est concrète, là dans le présent, ou dans l’instant. Sans cesse renouvelée. Cet accompagnement suppose d’être à chaque fois dans le « nouveau ». Etre dans cette capacité d’entendre la même histoire, racontée, vécue de façon différente. Etre dans cette capacité à accompagner  la nouvelle façon de se percevoir, de mettre en liens l’éprouvé et le pensé. L’esprit se déplace dans l’expérience que fait vivre le sophrologue, dans l’instant. Que cette expérience vécue ne soit ni comparée ni appuyée sur une expérience ancienne. Et ne pas a posteriori mettre du sens. Il émerge dans l’expérience, ou pas.

L’accompagnement du sophrologue fait « dans l’instant » et dans l’éprouvé du corps et de l’esprit, dans ce retour « aux choses même ».

 

Il accompagne dans un chemin et ne guide pas dans un résultat.

Sa transmission est beaucoup plus  large que la « résolution » du problème apporté.

En conséquence, ce n’est pas une boite à outils, qu’il transmet à une personne qui pourra ainsi se performer ou se réparer.

C’est une pédagogie (de l’existence).

 

Ce qui est important est que le vécu, dans la séance, soit transférable à tous les moments de vie. Cette capacité réflexive, (proche du mouvement humaniste), contribue à retrouver une créativité que l’on peut aussi appeler adaptation, restaurant la richesse et la complexité de l’Être.

 

Ainsi le sophrologue, vu par l’ISH, est tout d’abord un accompagnant, ce qu’il accompagne c’est le processus de remise en mouvement, d’élargissement de la conscience. Ce mouvement il n’en est pas le maître, il ne sait même pas ou il conduira celui qui bouge.